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La Boussole des Viking . Un cristal polarisant

 

 

 

 

 

 

 

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Un artefact de la mythologie nordique, guidant les navigateurs vikings, existerait bel et bien sous la forme d’une roche

La « pierre de soleil ». Une pierre capable d’indiquer la direction du soleil même par temps couvert a longtemps été considérée par la communauté scientifique comme une légende, basée sur la mythologie scandinave. Celle-ci aurait eu le pouvoir de guider les navigateurs vikings, et ce jusqu’à l’Islande et même les États-Unis aux environs de l’an 1000.

 

Il aura fallu plus de dix ans de recherches à deux Français et leur équipe pour que l’énigme des navigateurs vikings soit enfin résolue. « La légende de la pierre de soleil nous avait toujours intrigués, nous raconte Albert Le Floch, l’un des chercheurs, de l’université Rennes-I. Grâce aux sagas scandinaves qui sont des écrits du XIIe siècle, on sait que les Vikings ont parcouru des milliers de kilomètres en mer entre les IXe et Xe siècles. Ils partaient de la Norvège, passaient par l’Islande, le Groenland, puis le nord du Canada. Jusqu’à arriver aux Etats-Unis vers l’an 1.000, soit cinq siècles avant Christophe Colomb ! Or la boussole n’a été inventée qu’en 1300. On s’est donc toujours demandé comment ils faisaient pour se repérer en pleine mer sur d’aussi longues distances, dans des conditions climatiques parfois très dures – neige, brume, long crépuscule… »

Les sagas scandinaves évoquent à plusieurs reprises une pierre mystérieuse qui les aurait guidés en mer. « On lit que l’un des rois se saisissait d’un cristal à l’avant du bateau, le pointait au zénith devant lui et trouvait ainsi la direction à suivre », poursuit Albert Le Floch. Ainsi, les Vikings auraient utilisé ces « pierres de soleil », regardant au travers pour détecter la position exacte de l’astre, invisible à l’œil nu, et en déduire ainsi le cap de leur navire. Les légendes qui les mentionnent ne donnent toutefois aucune indication quant à la nature de ces pierres fabuleuses, dont aucune n’a jamais été formellement identifiée dans les vestiges archéologiques.

Le "spath d’Islande"

Selon Guy Ropars, coauteur de l’étude avec Albert Le Floch, cette mystérieuse pierre ne serait autre qu’un « spath d’Islande », un cristal de calcite transparent relativement courant en Scandinavie, au Mexique et au Brésil, et qui est encore actuellement utilisé dans certains instruments optiques. Ce cristal a en effet la propriété de « dépolariser » la lumière du soleil, c’est-à-dire de la filtrer différemment selon la façon dont on oriente la pierre. Concrètement, si on regarde la lumière au travers du cristal, il produit deux images différentes, l’une « ordinaire » et l’autre « dépolarisée ». « Lorsque l’on tourne le cristal sur lui-même jusqu’à ce que les intensités des deux images soient strictement égales, alors le cristal indique directement la direction du soleil, y compris dans des conditions de luminosité crépusculaires. Si l’on a une notion de l’heure, alors on peut savoir, en fonction de la position de l’astre, où se trouve le nord, assurent les deux physiciens. L’explication scientifique de ce phénomène est très complexe, mais son utilisation est très aisée. Les Vikings ont donc pu tout ignorer de la physique et de la polarisation, et se servir sans problème de cette pierre pour naviguer. On peut penser qu’ils avaient des sabliers de six heures pour avoir une notion du temps à bord. »

Une seule pierre découverte

En 2003, un cristal de calcite a été découvert à bord d’une épave britannique du XVIe siècle, au large de l’île anglo-normande d’Aurigny, Anderley pour les Anglais. Le cristal a résisté plus de quatre siècles sous l’eau. Sa géométrie est restée intacte, seule sa surface était devenue opaque. Il est en ce moment même analysé dans un laboratoire de Rennes. Les scientifiques pensent que les navigateurs à bord de ce bateau pourraient, eux aussi, avoir utilisé ce calcite comme une pierre de soleil. Etrange, puisque la boussole était connue des navigateurs européens depuis le XIIIe siècle… Pas tant que cela, selon Albert Le Floch. « Nous avons découvert à Aurigny qu’un seul des canons remontés de l’épave peut, à cause de sa masse métallique, perturber l’orientation du compas magnétique de 90 degrés. Ainsi, pour éviter toute erreur de navigation lorsque le soleil est en partie caché, le recours à un cristal de calcite pouvait être crucial, même à cette époque. » Il reste désormais aux archéologues à fouiller certains endroits pour retrouver ces pierres originelles et confirmer définitivement leur existence au temps des Vikings.




29/11/2011
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